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  2006

(Juillet  2006)

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Tamazight

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بلاغ جمعية أسيكل

 

 

 

Tamazight en perte de vitesse.
Par: A. CHELLAF

La question a1mazighe dans notre pays est arrivée à un point de confrontation entre les adeptes de travail au sein de l’Ircam (ircamistes) et leurs opposants –une grande partie du Mouvement amazigh- favorables à la défense de la cause en toute indépendance. Cette polémique est née depuis qu’il s’est posé, notamment par Azetta1, la question de l’utilité de l’Ircam suite aux écueils rencontrés par cette institution dans la mise en application de ses décisions. (B.Mokhliss)
Prise en main par l’Ircam actuellement, la question amazighe est aujourd’hui sur la sellette de la critique et de la réplique de deux tendances, les ircamistes et leurs opposants.
I - Agir avec l’Ircam, une opportunité.
Le travail avec l’Ircam est une garantie de force vu la place de cette institution. Il est également une chance à ne pas manquer pour le développement de l’identité et de la culture amazighes.
A – un gage de force.
Agir ensemble selon un front en commun est un gage de force qui permettra de peser sur les événements, surtout que les défenseurs sont minimes et manquent d’un vrai poids politique. En effet, un mouvement divisé, donc altéré dans son unicité, est en quelque sorte un corps faible et craintif de toute attaque extérieure.
Les deux positions peuvent faire un travail complémentaire. L’objectif dans ce cas est le même: lutter pour la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes. Ainsi, chacun pourra travailler selon sa manière de voir et selon sa propre conception. Un des exemples de coordination possible entre les deux courants est fourni dans le cadre de travail pour la constitutionnalisation de la langue amazighe. En effet, l’Ircam a remis une proposition dans ce sens au souverain; cela au même moment où une dizaine d’associations se sont rencontrés pour faire une proposition semblable (B. Mokhliss). Cette vision de voir différente est enrichissante; elle permet de traiter le sujet dans tous ses alentours possibles et dans ses différentes facettes.
B – une chance à exploiter.
Force est de constater que le Mouvement amazigh, agissant depuis longtemps à ce niveau, n’est pas arrivé à donner plein essor à sa conception. Agir au sein d’une institution de l’Etat, crée pour cet effet, aura l’avantage d’être écoutée dans un Etat, où plus généralement, on se méfie de ce qui vient de l’extérieur. Par contre, réduire tout le travail sur la culture et l’identité amazighes dans un mouvement neutre, c’est-à-dire en dehors de cette institution, n’aura certainement, comme auparavant, qu’un faible écho. Cela peut être soutenu par ceci: si le travail au sein d’une institution qui jouit de soutien du Palais n’a pas donné tout ce qui est escompté, comment le travail en dehors de celle-ci pourra nous procurer gain de cause?
Ceci dit, cette situation est aggravée par la contestation de tout ce qui touche de près ou de loin à cette identité. Elle est contestée ouvertement par les différents acteurs politiques et souffre de l’hostilité des institutions de l’Etat (les ministères de l’éducation et de la communication). À cela s’ajoute l’affaiblissement de ce mouvement de plus en plus dans le contexte national. Cela laisse entendre que le travail au sein de cette institution, qui rappelons-le est placée sous l’autorité du Palais, est plus qu’utile. Tout cela nous incite à se demander si ses opposants ne manquent pas de realpolitik dans la mesure où ils ne prennent pas en compte la situation désastreuse dans laquelle se trouve la question amazighe actuellement. Est-ce que ce n’est pas vrai que l’Ircam avec l’approbation politique du roi se trouve par conséquent au-dessus de toute contestation de la part des partis politiques et une grande partie de la société réticente vis-à-vis de l’ampleur que prend cette question? Cela n’est-il pas une chance pour cette identité malgré les résistances qu’elle rencontre actuellement? On peut se demander quant est ce que dans notre pays une question aussi cruciale, voire même tabou, comme l’est la question amazighe, a réussi à faire passer sans un soutien ou un arbitrage royal. Il faut le dire, la classe politique et les acteurs politiques du royaume avec des inspirations idéologiques divergentes n’auront jamais une position unie et glorifiante pour notre identité. Cet arbitrage/soutien tout à fait nécessaire dans ces cas. Le cas de la moudawana en est un autre exemple frappant.
II – Agir avec l’Ircam, un intempestif.
Néanmoins, agir avec l’Ircam parce qu’il est un gage de force et de chance ne doit pas masquer le risque d’une domestication de cette identité et de sa dépolitisation.
D’abord son instrumentalisation car depuis la création de l’Ircam, la cause amazighe est désormais appelée à grandir sous l’ombre du makhzen. En effet, certains craignent que l’Ircam ne soit pas un moyen de «désenfler les dernières poches de résistance linguistique» (Benhakeia H., 2006). Autrement dit, l’Ircam pourra être un moyen de centrer la Marge pour qu’elle ne constitue pas un risque pour le Centre par sa volonté «d’aspirer à la vie.» Pour contrer cette possibilité, l’Ircam serait la meilleure solution pour cerner l’amazighité (Benhakeia, 2006).
Ensuite sa dépolitisation car depuis l’institution de l’Ircam, la question amazighe suit un sens purement académique. Privée de sa substance depuis la création de l’Ircam, la question n’a plus son attrait comme une question suscitant des interventions des différents acteurs, entre défenseurs et réfutateurs. Un dialogue national entre les différentes tendances ne peut être finalement qu’enrichissant pour cette question et notre pays en général. C’est ce dont cette cause a besoin: arriver à être un sujet public non seulement des acteurs politiques mais aussi de la société civile. Une chose qui permettra de familiariser et réconcilier le peuple marocain avec ses origines, son identité et sa culture. Toutefois, cette attente n’est pas exaucée car le fait Ircam a donné l’inattendu. En effet, nombreux sont ceux qui ont cru avec M. Ajaajaa que «le dahir qui l’avait institué [l’Ircam] allait être le début d’un processus institutionnel et juridique faisant de lui une tribune politique. Au bout de deux ans, poursuit M. Ajaajaa, nous avons constaté que nous tournions en rond…» (Journal hebdo). Ce manque d’élan pour cette identité n’est pas dû au travail raté de l’Ircam mais à l’absence d’une volonté politique. Le problème de cette identité n’est pas à chercher loin, il est bel et bien politique.
Cela sans oublier que le travail actuel de l’Ircam prive l’identité et la culture amazighes de son arrière base démocratique. En effet, jusqu’à l’institution de l’Ircam, la défense de ces identité et culture s’inspire du peuple via les associations qu’il a constituées pour cet effet. La tendance actuelle risque de priver le mouvement de sa nature démocratique. La nomination des membres de l’Ircam est loin d’une essence démocratique de toujours. Un membre est désigné dans l’enceinte de l’Institut s’il est proposé par l’Ircam et pourvu que cette proposition soit validée par le souverain.
Les attaques contre l’Institut seront appesanties dans le cas où le développement de l’identité amazighe ne connaîtrait aucune amélioration sensible. Cela pourrait nourrir toute nature de contestation à l’encontre de cet Institut. Déjà, avec l’état de statu quo actuel, les associations hostiles à l’Ircam posent la question de son utilité et doutent en sa capacité à donner un nouveau souffle à l’amazighité. Un des points sur lesquels ils se fondent est celui de l’évaluation de son travail depuis sa constitution. Si ceux-ci lui nient tout acquis fondateur en le jugeant à la lumière du dahir d’Ajdir, les ircamistes répliquent en disant que l’Institut a réalisé tant de choses (Ircam, 2006)2, ce que les premiers refusent d’entendre de cette oreille. Les ircamistes à leur façon défendent l’idée selon laquelle le bilan de l’Institut ne doit pas être apprécié selon son texte fondateur mais selon ce qu’il a pu réaliser concrètement. En réalité, il est difficile de faire une évaluation de quelque chose sans le voir à la lumière de ce qu’il est censé accomplir. En l’occurrence ce qu’il a comme mission à remplir à savoir celle tracé par le texte l’instituant.
Bibliographie:
•Benhakeia H., «L’Ircam: entre l’affranchissement et le succursalisme», Tawiza n° 108, 2006.
•Le Journal hebdo n° 250 du 8 au 14 avril 2006, « L’Ircam en perte de substance »: www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=7850, visité le 10 avril 2006.
•IRCAM, «L’Ircam: une institution citoyenne au service de l’amazighité.» consultée à l’adresse suivante: www.souss.com le 14 mai 2006.
• Mokhliss B., «Amazighs contre Amazighs»: www.souss.com/amazighs-contre-amazighs.html ,visité le 24 avril 2006.

Notes:

1 L’Azetta est le réseau amazigh pour la citoyenneté. « La Coordination nationale des associations amazighes démocratiques indépendantes », constituée d’une trentaine d’associations, a proposé purement et simplement la dissolution de l’Ircam pour le remplacer par une institution indépendante.
2 Cet article de l’Ircam est une réponse à l’article paru au « Journal Hebdo » cité dans la bibliographie.
 

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